Esperanto

Quelles sont vos propositions pour que l’Union Européenne incite les États-membres à réduire efficacement leurs impacts socio-environnementaux et climatiques (pollution de l’air, l’eau et les sols, érosion de la biodiversité, impacts des industries et de notre consommation sur les populations etc…), en Europe comme dans le reste du monde ? « Notre programme est basé sur le développement durable. Donc il est nécessaire que tous les échelons administratifs et politiques s’engagent dans cette voie, y compris l’Union européenne.Le détail des mesures n’est pas facile à indiquer a priori. L’important est d’avoir un débat à l’échelle de l’Union européenne, pour que tous les pays puissent profiter des expériences réussies des autres, et aussi pour que les directives venant de l’Union européenne soient acceptées par toutes les populations. Pour avoir un débat à l’échelle de l’UE, il est nécessaire d’avoir une langue commune. Puisque l’Union européenne est censée être une structure démocratique et respectueuse des Droits humains, il faut une langue commune équitable, c’est à dire l’espéranto. »

a) Quels sont les intrants chimiques (pesticides, herbicides, engrais…) à interdire ou encourager selon vous et par quels moyens ?

« En tant que biologiste de formation, je pense qu’il faut distinguer fortement les deux types d’intrants que vous citez :

1) les engrais permettent de compenser les exportations de matière minérale des produits récoltés. Ils sont donc nécessaires, mais le mieux est de faire des cycles courts, avec réincorporation des éléments provenant des déjections animales et humaines.

2) les pesticides ont montré leur dangerosité, même s’ils peuvent être parfois utiles. Ils doivent donc être fortement contrôlés par les pouvoirs publics.

Là encore, il est nécessaire d’avoir un débat à l’échelle européenne, parce qu’il faut une harmonisation des règlementations entre les pays européens, et aussi parce que nous pouvons profiter des expériences réussies dans d’autres pays. »

b) Êtes-vous favorable au maintien d’une Politique Agricole Commune au niveau européen ? Quels mécanismes de redistribution des aides entre les différents types de fermes ou d’agriculteurs souhaitez-vous privilégier ?

« La PAC est un des fondements de l’Union européenne depuis plusieurs dizaines d’années. Une suppression brutale aurait des conséquences négatives.

Mais une évolution vers un développement plus durable est souhaitable. »

c) Comment concevez-vous la cohérence des politiques entre l’interdiction de culture des OGM sur le territoire français et l’importation massive de produits issus des cultures OGM dans le même temps ? Quels outils mettre en place ?

« Un problème majeur de la culture des végétaux OGM est la dissémination incontrôlée des gènes en question, qui aboutit à des problèmes juridiques insolubles : des agriculteurs se retrouvent avec des plantes OGM dans leurs champs, alors qu’ils n’en veulent pas.

Il est nécessaire de supprimer la brevetabilité du vivant, et que les personnes ayant des OGM sans l’avoir désiré ne soient pas considérées comme des contrevenants, mais comme des victimes d’une pollution génétique. »

a) Quels facteurs environnementaux ou sociaux devraient être pris en compte dans l’attribution des aides au développement des territoires ?  Souhaitez-vous que les orientations politiques en termes d’aménagement du territoire fixées par l’Union Européenne deviennent davantage contraignantes ?

« L’Union européenne est déjà perçue comme très contraignante. Avant de contraindre davantage, il est nécessaire de pouvoir parler entre Européens, donc il faut une langue commune équitable.

Ensuite, après le débat, viendra le temps des décisions contraignantes. »

b) Souhaitez-vous que l’Union Européenne mette en place une politique active dans la création d’autoroutes ferroviaires ?

« Pour un développement durable, ce serait souhaitable. Mais quelles mesures prendre pour qu’elles soient effectivement utilisées ? »

c) Est-t-il pertinent de développer les transports électriques ? Si oui, par quels moyens ?

« Pour un développement durable, ce serait pertinent.

Mais le développement des automobiles électriques posent le problème des batteries,et de la consommation d’une grande quantité de ressources rares.

Par contre, les transports en commun (tramway, trains, trolleybus) n’ont pas ce type d’inconvénients, même si les infrastructures à installer sont plus coûteuses. »

a) Pensez-vous que l’objectif de 32 % pour la part d’énergie renouvelable dans la consommation énergétique européenne en 2030 est (une réponse possible) :

 Trop élevé
 Adéquat
Insuffisant

b) Que proposez-vous pour que l’Union Européenne atteigne cet objectif, ou celui que vous souhaitez fixer ? Quelles énergies renouvelables faut-il favoriser ?

« Pour un développement durable, le scénario Negawatt 2050 me paraît bon, pour la France comme pour l’Europe. Mais est-ce que 32 % en 2030 suffira pour avoir 100 % en 2050 ?

Dans tous les cas, les mesures seront coûteuses. Je pense indispensable d’augmenter le prix de l’énergie, mais il faudrait en même temps des mesures sociales compensatoires.

Solaire et éolien paraissent ceux qui posent le moins de problèmes à développer.

L’hydraulique pose des problèmes d’aménagement du territoire, et il ne faudrait pas que toute la production de biomasse passe dans la transformation énergétique. »

c) Quelles mesures proposez-vous en termes de sobriété et d’efficacité énergétique ?

« Presque tout est bon à prendre.

Les transports urbains électriques sont à développer, mais sous le contrôle des pouvoirs publics (éventuellement avec réglementation européenne, pour une bonne harmonisation) : les trottinettes électriques peuvent être dangereuses.

Il faut que les pouvoirs publics donnent l’exemple, en chauffant moins les bureaux, et en encourageant les employés à porter un gros chandail en hiver. C’est la même chose pour la télévision, où il est indécent de voir des présentateurs/présentatrices en petite chemise en hiver. »

d) Soutiendrez-vous des mesures visant à limiter l’impact socio-environnemental et climatique des carburants importés et consommés dans l’Union européenne (sables bitumeux, GNL, agrocarburants tels que l’huile de palme…) ? Si oui, lesquelles ?

« Oui. Une taxe à l’importation (dissuasive?) serait bienvenue. »

a) Souhaitez-vous que l’Union européenne impose des normes ambitieuses de réparabilité, de réincorporation des matériaux recyclés et d’approvisionnement responsables sur les produits et logiciels ?

« « Imposer » est toujours un mot délicat à utiliser. Pour un développement durable, oui, il faut développer la réparabilité et la recyclabilité, et le niveau de l’UE est un niveau pertinent.

Mais ça n’empêche pas que le niveau national ou local peut aussi être pertinent.

Pour les logiciels, nous sommes en faveur du logiciel libre, à soutenir par les administrations publiques. »

b) Êtes-vous en faveur de l’adoption d’objectifs de réduction (absolue) de la production et de l’importation d’objets du quotidien (textile, électronique, etc.), en particulier de produits particulièrement polluants ?

« Oui. »

a) Quelles propositions souhaitez-vous porter au Parlement Européen pour inciter les entreprises à être plus responsables, en particulier sur leur impact environnemental ?

« C’est un thème trop vaste pour être traité de façon simple, dans l’idée d’un développement durable.

– promouvoir les emballages en papier-carton (ou taxer et dissuader les autres emballages?)

– augmenter le prix de l’énergie, pour décourager les transports de marchandises d’un bout à l’autre de l’Europe (et du monde)

– taxer le carburant aérien. Au moins à l’intérieur de l’Union européenne, où les transports peuvent être considérés comme des « transports intérieurs », sans sortir du traité sur le transport aérien. Eventuellement sortir du traité, et taxer aussi le carburant des vols internationaux. »

b) Souhaitez-vous porter l’adoption au niveau européen d’une norme contraignante sur le respect des droits humains et de l’environnement par les multinationales tout au long de leur chaîne de valeur (filiales, sous-traitants, fournisseurs) ? Soutenez-vous le projet de traité sur les multinationales et les droits humains actuellement négocié à l’ONU ?

« Oui, notre projet est basé sur la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948, et tout ce qui va dans le sens de ces Droits Humains est favorable. »

c) Pensez-vous que les accords de libre-échange et les tribunaux d’arbitrages (mécanisme de résolution des différends Investisseurs-Etats prévu dans les accords de libre-échange) soient bénéfiques à l’environnement ?

« Non. Ces accords de libre échange (avec le Canada, projet plus ou moins avorté avec les États-Unis, et autres) sont nocifs :

– d’une part à l’environnement,

– d’autre part à la démocratie et aux droits humains. »

a) Quelles sont d’après vous les solutions les plus efficaces pour lutter contre les émissions de gaz à effet de serre au niveau européen (classez de 1 : meilleure solution, à 5 : pire solution) ?

2Normes et réglementation
1Taxes
5Marchés de droits à polluer
4Subventions et investissement public
3Incitations aux changements des habitudes des particuliers et entreprises

b) Précisez pourquoi.

« Les marchés de droits à polluer sont une idée intéressante, mais pour l’instant, ils ne semblent pas efficaces.

La transition énergétique sera forcément coûteuse. Les taxes sur les pollutions peuvent fournir les financements (ou une partie des financements) nécessaires. »

c) Quelles sont vos propositions concernant les subventions publiques aux énergies fossiles et leur fiscalité ?

« Subventions à supprimer, fiscalité à augmenter. »

d) Quelle est votre position concernant le Pacte Finance-Climat dont le but est de créer une banque européenne du climat et de la biodiversité ainsi qu’un fonds européen climat et biodiversité ?

« Pourquoi pas ? »

a) Souhaitez-vous limiter l’influence des lobbys sur les institutions européennes ? Si oui, quelles mesures proposez-vous ?

« Oui, mais c’est difficile dans la pratique. Vouloir limiter les lobbys commerciaux sans limiter les lobbys associatifs paraît ingérable, interdire tout contact des parlementaires avec des spécialistes des questions n’améliorerait pas l’efficacité de l’ensemble.

Une première mesure serait de demander aux parlementaires de déclarer leurs contacts, ce qui pourrait permettre un contrôle a posteriori. »

b) Êtes-vous favorable à un renforcement des dispositions en matière de contrôle et limitation des conflits d’intérêts et de lutte contre le « pantouflage » (afin d’empêcher les décideurs publics d’être influencés par la perspective de poursuivre leur carrière dans le secteur privé après la fin de leur mandat) ?

« Oui. «