Energies

a) Pensez-vous que l’objectif de 32 % pour la part d’énergie renouvelable dans la consommation énergétique européenne en 2030 est (une réponse possible):

 Trop élevé
 Adéquat
Insuffisant
 Trop élevé
 Adéquat
Insuffisant
 Trop élevé
 Adéquat
Insuffisant
 Trop élevé
 Adéquat
Insuffisant
 Trop élevé
Adéquat
 Insuffisant
 Trop élevé
Adéquat
 Insuffisant
 Trop élevé
 Adéquat
Insuffisant
 Trop élevé
 Adéquat
 Insuffisant
 Trop élevé
Adéquat
 Insuffisant
 Trop élevé
 Adéquat
Insuffisant
 Trop élevé
 Adéquat
Insuffisant (bien sûr)

b) Que proposez-vous pour que l’Union Européenne atteigne cet objectif, ou celui que vous souhaitez fixer ? Quelles énergies renouvelables faut-il favoriser ?

« Pour un développement durable, le scénario Negawatt 2050 me paraît bon, pour la France comme pour l’Europe. Mais est-ce que 32 % en 2030 suffira pour avoir 100 % en 2050 ?

Dans tous les cas, les mesures seront coûteuses. Je pense indispensable d’augmenter le prix de l’énergie, mais il faudrait en même temps des mesures sociales compensatoires.

Solaire et éolien paraissent ceux qui posent le moins de problèmes à développer.

L’hydraulique pose des problèmes d’aménagement du territoire, et il ne faudrait pas que toute la production de biomasse passe dans la transformation énergétique. »

« Le groupe des Verts/ALE est le plus ardent promoteur des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique au Parlement européen. C’est grâce aux écologistes que l’UE s’est engagée à faire en sorte que d’ici 2030, un tiers de toute l’énergie provienne de sources renouvelables.

Mais cet objectif demeure insuffisant devant l’urgence climatique. Nous devons sortir le plus vite possible du charbon et du nucléaire et viser le 100% renouvelable d’ici 2050, avec un objectif intermédiaire à -60% d’émissions de GES en 2040.

Nous devons nous engager résolument dans une économie zéro carbone et mettre fin à tous les soutiens, directs et indirects, publics et privés, vers les énergies fossiles. Il en va de même pour l’énergie nucléaire qui est aussi coûteuse que dangereuse et produit des déchets dont nous ne savons que faire.

Pour cela, il nous faut rediriger les investissements publics et privés vers les énergies renouvelables :

  • En établissant un suivi public et la transparence sur l’ensemble des financements des acteurs publics et privés de l’UE.
  • En redirigeant l’ensemble des financements publics vers les énergies renouvelables.
  • En instaurant des trajectoires contraignantes de désinvestissement des énergies fossiles.

L’UE s’est construite originellement sur la mise en commun des capacités de production de charbon et d’acier. Nous souhaitons favoriser les énergies renouvelables les plus propres comme l’hydroélectricité, l’éolien ou le photovoltaïque entre autres et créer pour ce faire un grand acteur public européen de l’Energie, capable de produire des énergies renouvelables et d’assurer l’équité territoriale. Mais l’énergie la plus propre est encore celle que nous ne consommons pas. Il s’agit donc d’être en mesure d’être plus économes en énergie, ce qui passe aussi bien par l’isolation des bâtiments que par une rationalisation des usages. La recherche et l’innovation pour plus d’efficacité énergétique doit être une priorité.

Avec la Banque européenne du climat et de biodiversité, nous lancerons un grand plan d’investissement de 100 milliards d’euros par an pour la sobriété, l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables et la mobilité durable qui sera le moyen de lancer des dynamiques économiques, locales, nationales et européennes, à même de sortir des fossiles et du nucléaire. »

« Notre mouvement s’est fixé, en termes de consommation d’énergie, une baisse d’au moins 50% d’ici 2050.
Nous devons pour cela rénover, en France, annuellement 800 000 logements et 3,5 % des surfaces tertiaires.
Sortir des énergies fossiles et du nucléaire – 0 carbone en 2050. Le deuxième objectif est celui de remplacer notre production d’énergie nucléaire et fossile par une production d’énergie vraiment renouvelable. Le parc des 58 réacteurs nucléaires doit être suivi et diminué progressivement en fonction des contraintes de sécurité. En aucun
cas ces réacteurs ne seront prolongés par des travaux de rénovation.
Les énergies de substitutions seront le biogaz, l’hydrogène, le solaire, l’éolien terrestre et maritime, couplés à du stockage. Le véhicule devra être électrique ou au biogaz pour le transport des usagers ou des marchandises. Les usages électriques et la biomasse seront préférés pour le bâtiment.
Ces objectifs nécessitent de mettre en oeuvre un véritable outil de production national d’énergie :
– L’éolien* doit produire 250 TWh avec plus de 20 000 éoliennes à installer,
– Le solaire doit produire 150 TWh en utilisant les toitures, les parkings, les friches, les terrains impropre à l’agriculture,
– Un plan national de méthanisation sera établi dans une conférence nationale et citoyenne,
– Enfin, la production hydraulique doit rester stable voir légèrement augmenter selon les capacités identifiées
Voici un de nos 21 engagements pour l’Europe du 21e siècle qui va dans ce sens :
Nous nous engageons pour une Europe zéro carbone en 2050 libérée des énergies fossiles et nucléaires. »

« Pour faire face à l’urgence climatique, l’énergie en Europe doit être à 100% renouvelable d’ici 2050, avec un objectif à 45% en 2030. L’énergie est notre bien commun en même temps qu’un besoin fondamental. Si la moyenne européenne se situe autour de 29% d’énergies renouvelables, les disparités sont très grandes avec  19% en France mais 72% en Autriche et 7% en Hongrie. L’Union européenne doit permettre un développement concerté des pays.

L’Europe doit pouvoir produire son énergie elle-même afin d’être souveraine dans ce domaine, sans être soumise à des aléas extérieurs. Les subventions ne doivent plus servir à financer l’utilisation, la recherche ou l’extraction d’énergies fossiles : elles seront réorientées dans la formation de professionnels dans le secteur des énergies renouvelables. Le nucléaire est une énergie dépassée et nous souhaitons la dissolution d’Euratom qui promeut cette énergie aux frais du contribuable européen et un moratoire sur toute nouvelle construction de centrale en Europe. Nous devons investir dans l’innovation et la recherche énergétique pour développer un meilleur stockage et une meilleure production renouvelable : dans cette optique, nous souhaitons un Institut public européen de recherches sur la transition. Le développement et l’implantation de sites de productions d’énergies renouvelables doivent être concertés dans le cadre plus large de la planification écologique. »

« Nous considérons que l’annonce du rehaussement de l’objectif concernant la part d’énergie renouvelable consommée d’ici 2030 est une très bonne nouvelle. Nous souhaitons que cet objectif, ambitieux mais réaliste, se traduise par des mesures concrètes. Néanmoins, alors même que les énergies renouvelables se développent, de nombreuses centrales à charbon fonctionnent encore. Ces centrales tuent prématurément des dizaines de milliers d’Européens et sont une des pires sources d’énergies pour le climat. Ainsi, nous proposons de sortir rapidement du charbon, et de sortir globalement des énergies fossiles avant 2050. Aussi, le développement des énergies renouvelables devra se faire en parallèle d’un vaste plan de rénovation énergétique des bâtiments.

Le développement des énergies renouvelables (ENR) en Europe ne sera réussi que si leur déploiement est à la fois financé et adapté aux spécificités de chaque territoire. Question financement, nous proposons d’abord la création d’une Banque du Climat, qui permettra notamment d’orienter l’épargne des Européens vers la croissance verte. Il s’agit d’un premier levier de financement pour les énergies renouvelables. Nous souhaitons ensuite consacrer 40% des dépenses publiques européennes à la transition écologique : il s’agit là d’une voie de financement essentielle aux ENR, dont le développement technologique et le déploiement physique nécessitent encore beaucoup d’investissements publics à ce stade. En termes d’adaptation aux territoires, nous serons très attentifs à ce que chacun d’entre eux puisse bénéficier d’une aide européenne afin d’opérer une transition énergétique qui lui correspond et qui accompagne les populations les plus touchées. La Pologne, qui produit plus de 80 % de son électricité à partir du charbon, devra par exemple faire l’objet d’une stratégie spécifique. « 

« Evidemment, nous pourrions toujours aspirer à une part d’énergies renouvelables plus importante que l’objectif fixé. Mais aux grandes ambitions jamais suivies d’effets (et dans les faits…), aux objectifs sans cesse remis à plus tard lorsqu’on réalise qu’on ne les atteindra pas, nous préférons résolument les politiques efficaces et les résultats tangibles. Plutôt que de perdre un temps précieux à rouvrir la discussion entre tous les Etats membres pour convenir d’un nouvel objectif, nous voulons nous donner les moyens d’atteindre les 32% d’énergies renouvelables dans la consommation énergétique européenne en 2030. Nous souhaitons que le temps et l’énergie de la Commission et du Parlement soient consacrés à améliorer l’efficacité des outils dont nous disposons pour atteindre cet objectif, plutôt qu’à débattre d’un nouvel objectif pour se donner l’illusion d’agir. Le consensus mou et les lenteurs institutionnels n’ont plus de place dans cette mondialisation du XXIe siècle que nous avons la responsabilité de maîtriser, sans s’isoler et laisser le train passer sous nos yeux.

Cet objectif de 32% est ambitieux, et l’atteindre va nécessiter une mobilisation sans précédent des gouvernements, des collectivités locales, des industriels et des porteurs de projets privés. La première urgence est de ne plus entraver leurs efforts : comment comprendre qu’il faille parfois près de 10 ans pour obtenir les autorisations administratives pour construire une centrale de production d’énergie solaire ? Ce délai est inférieur à 2 ans en Allemagne, ce qui prouve que l’UE n’en est pas la cause première. Mais l’UE pourrait fixer avec les Etats membres un agenda pour alléger les démarches administratives qu’ils imposent aux porteurs de projets : ce serait un bel exemple d’une Europe qui défend l’initiative des citoyens et promeut l’allègement des contraintes, plutôt que l’inverse.

Les énergies renouvelables à favoriser dépendent des conditions en vigueur dans chaque territoire et n’appellent donc pas une réponse absolue. Il faut veiller à maintenir un mix diversifié pour ne pas déséquilibrer les réseaux électriques : développer uniquement l’énergie solaire au sud de l’Europe et l’énergie éolienne au nord serait ainsi un contresens qui empêcherait de bénéficier du foisonnement des sources d’énergies pour palier leur intermittence. Rappelons notre engagement global, en phase avec celui promu au niveau européen : lutter contre le dérèglement climatique et réduire notre dépendance énergétique en visant le 0 carbone à horizon 2050, tout en favorisant un mix énergétique adapté à la réalité de nos territoires. »

« Ma réponse rejoint partiellement celle donnée pour le recours aux « transports électriques » car il est en grande partie impossible de dire aujourd’hui ce que pourraient être les solutions techniques à notre disposition dans les années ou les décennies qui viennent. Il est en fait à craindre que les capitalistes n’investissant que très modérément dans les secteurs où les profits restent insuffisants ou hasardeux à leurs yeux, de telles solutions risquent d’être attendues encore longtemps. Seule la recherche publique, débarrassée de tels impératifs pourraient certainement ouvrir de nouvelles voies. Mais à condition d’investir massivement en amont dans l’Éducation, de créer les postes qui manquent dans les universités et dans les laboratoires publics. C’est l’inverse qui est fait depuis des années sous les coups de la crise et des politiques d’austérité. Une orientation massive vers les énergies renouvelables du futur devra aussi se faire avec la participation et sous le contrôle des populations mieux à même d’apprécier les conséquences environnementales concrètes de telle ou telle option. »

« Le Parti animaliste est un parti monothématique qui ne se positionne donc que sur la question animale et les thématiques qui s’y rapportent.
Aussi, si la Commission fait des propositions pour le développement des éoliennes, le Parti animaliste se positionnera pour interdire la mise en place d’éoliennes dans les lieux particulièrement fréquentés par les animaux marins, dans les couloirs migratoires des oiseaux et chauves-souris ainsi qu’à l’intérieur et à proximité des zones Natura 2000.
De la même façon, le Parti animaliste s’opposera aux projets de méthanisation si ceux-ci justifient la création de nouveaux élevages industriels où les animaux sont utilisés comme des ressources et non pas
considérés en tant qu’êtres sensibles. »

« Nous sommes favorables au développement des énergies renouvelables, aux côtés de notre mix énergétique historique, d’origine nucléaire et hydraulique. Nous refusons en revanche qu’elles soient le cheval de Troie de nouvelles dérégulations. Leur essor exige l’impulsion et la structuration de véritables filières, par la puissance publique. Dans ce domaine comme dans d’autres, la théorie selon laquelle il faut « laisser faire le marché » est une impasse, qui plus est extrêmement coûteuse pour les usager·e·s.

A ce titre, les barrages hydrauliques, permettant le stockage d’eau et donc d’énergie électrique, doivent rester des biens publics. Ces ouvrages « pilotables » participent à la sécurité d’approvisionnement.

L’éolien, le solaire sont des énergies intermittentes. Leur potentiel ne doit donc pas être surestimé tant que des modes de stockage d’énergie à grande échelle ne sont pas disponibles.

L’utilisation de métaux et de terres rares, les troubles internationaux que peuvent engendrer l’exploitation de ces ressources, l’utilisation des terres agricoles pour produire des combustibles comme les agrocarburants, la maîtrise nécessaire de la production de végétaux à destination de la méthanisation, les éventuels conflits d’usage de l’éolien terrestre et offshore avec des activités telles la pêche ou l’agriculture, nécessite que l’Etat et la puissance publique jouent tout leur rôle d’impulsion, d’organisation, d’aménagement. Nous nous opposons aux mesures de simplification des procédures d’implantation de ces installations.

Concernant les moyens de substitution à l’intermittence de ces énergies comme les centrales thermiques, il faut promouvoir des techniques propres avec captage et séquestration ou recyclage de CO2. »

« Avant la question du mode de production énergétique, il s’agit d’abord d’organiser massivement la décroissance énergétique. C’est la priorité n°1, toujours reléguée, jamais réalisée. Le retard européen et le retard français sont patents.

En matière d’énergie renouvelables, nous attirons l’attention sur l’excessive focalisation sur l’éolien et le photovoltaique, au détriment de la chaleur renouvelable. Pour toutes les énergies, nous préconisons une approche globale tenant compte de tous les impacts (pas de développement exponentiel de la biomasse, sans tenir compte de la ressource ; pas de développement du biogaz par des cultures organisant une concurrence d’usage des sols par rapport à la production alimentaire etc).

Nous souhaitons que le développement des énergies renouvelables respecte la biodiversité et les paysages : photovoltaïque sur les toitures mais pas au sol en espaces naturels, agricoles ou forestiers ; maitrise du développement de l’éolien dans le cadre d’une planification démocratique respectant les enjeux paysagers, de biodiversité et de cadre de vie des habitants.

Nous préconisons des projets d’énergies renouvelables de territoires basés sur l’autoconsommation locale, sur lesquels les citoyens ont la main dans le cadre de coopératives, de sociétés d’économie mixte ou de sociétés publiques locales. (proposition n° 29. »

Les Amis de la Terre considèrent que l’accord de Paris devrait être pleinement mis en œuvre et se refléter dans l’alignement des objectifs de réduction des émissions de l’UE pour 2030 et 2050, avec l’engagement de limiter les hausses de température à 1,5°C. L’application des accords de Paris doit mener à des politiques climatiques ambitieuses, qui doivent permettre l’élimination progressive et rapide de tous les combustibles fossiles, la transition vers l’efficacité énergétique devant permettre une diminution forte de la consommation d’énergie. L’UE devrait accélérer la transition juste et durable vers un approvisionnement en énergie renouvelable à 100%, propre et abordable, qui soutient l’appropriation communautaire et ne conduit pas à la pauvreté énergétique.

Source : https://www.foeeurope.org/sites/default/files/corporate_accountability/2018/manifesto_for_a_sustainable_europe_for_its_citizens.pdf

c) Quelles mesures proposez-vous en termes de sobriété et d’efficacité énergétique ?

« Presque tout est bon à prendre.

Les transports urbains électriques sont à développer, mais sous le contrôle des pouvoirs publics (éventuellement avec réglementation européenne, pour une bonne harmonisation) : les trottinettes électriques peuvent être dangereuses.

Il faut que les pouvoirs publics donnent l’exemple, en chauffant moins les bureaux, et en encourageant les employés à porter un gros chandail en hiver. C’est la même chose pour la télévision, où il est indécent de voir des présentateurs/présentatrices en petite chemise en hiver. »

« Transformer en profondeur la structure économique de l’Union européenne est possible vers le respect des limites planétaires, en contribuant au bien-vivre et à l’emploi. La transition écologique et une politique volontariste de réduction du temps de travail et de relocalisation, ainsi que de création d’emplois verts, sont en effet sources de nombreux emplois, dont des emplois nécessaires dans l’industrie. Car de la rénovation thermique au remplacement des centrales au fioul, de l’économie circulaire et zéro déchet au commerce extérieur, l’Union doit s’appuyer sur les métiers nécessaires à la protection de la planète, par ailleurs créateurs d’emplois.

Notre grand plan d’investissement de 100 milliards d’euros par an pour la sobriété, l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables et la mobilité durable vise à financer la rénovation thermique des bâtiments, l’optimisation de nos réseaux de production et de consommation d’énergie, responsables d’énormes gaspillages, et le développement des modes de transport sobres en énergie. Il a pour but de transformer l’économie et de la rendre plus vertueuse en s’appuyant sur un traité environnemental européen, qui fera de l’écologie la norme juridique supérieure et tournera le dos à la logique productiviste des anciens traités. Pour changer les règles du jeu face aux industries polluantes et leurs lobbies, la question environnementale doit être prioritaire.

Ces investissements iront prioritairement vers cinq domaines : la sobriété et l’efficacité énergétique (dont la rénovation thermique et l’économie circulaire), la mobilité durable, la protection de la biodiversité, l’agriculture agro-écologique, les énergies renouvelables (notamment l’éolien flottant et maritime et le photovoltaïque). Cela permettrait par ailleurs à l’Europe de limiter sa dépendance vis-à-vis des grands extracteurs d’énergies fossiles que sont les pays producteurs de pétrole et de gaz (Iran, Russie, Arabie Saoudite).

L’Union européenne doit construire un acteur public européen de l’énergie, qui aurait vocation à produire des énergies renouvelables et garantir l’équité territoriale. Ce nouvel acteur, dont les orientations seraient définies par les citoyen.ne.s à travers le Parlement européen, pourrait également le cas échéant prendre sous contrôle les entreprises polluantes existantes qui refuseraient de nettoyer leurs créances et de payer pour les dommages induits par leurs activités. Elle veillerait également à l’adéquation entre les besoins de formation et d’aides à la transition avec les objectifs mis en œuvre par l’Union européenne quant à ses autres politiques publiques.

Nous voulons également instaurer une politique d’industrialisation et d’emplois verts en Europe, en impulsant les industries et activités respectueuses des limites planétaires, en premier lieu desquelles l’efficacité énergétique dont la rénovation thermique, les énergies renouvelables, le réemploi des déchets (par exemple la consigne ou le réemploi du textile).

Au Parlement européen, nous avons notamment fait inscrire dans la législation européenne des stratégies nationales de rénovation énergétique des bâtiments et fait de la construction de bâtiments à consommation d’énergie quasi nulle (NZEB) la norme d’ici 2050. « 

« Notre mouvement est engagé dans la transition énergétique et propose :
– D’adopter une vision globale et systémique : des actions sectorielles ne suffiront pas à atteindre les réductions drastiques requises ni à faire les choix complexes qui ne manqueront pas de se présenter. La transition énergétique doit se penser au-delà des frontières. La coopération est indispensable.
–  Repenser les financements publics de la transition énergétique : aujourd’hui le modèle dominant est une gestion privée. L’Europe et les collectivités doivent accompagner le développement du portage citoyen de la transformation énergétique.
– Réintroduire du débat sur nos modes de vie : l’exigence de sobriété va impliquer de devoir arbitrer collectivement un certain nombre de conflits d’usage. Les solutions techniques ne suffiront pas. Le politique et l’imagination sont indispensables. Il faut réinventer de nouvelles solutions multiacteurs et multibénéfices.
Voici un de nos 21 engagements pour l’Europe du 21e siècle qui va dans ce sens :
Donnons l’argent européen au climat, pas aux banques. 500 milliards par an pour le Green New Deal. Nous nous engageons pour une Europe zéro carbone en 2050 libérée des énergies fossiles et nucléaires. Ces engagements seront tenus sur le sol européen sans recourir aux artifices du marché carbone. Nous financerons les investissements massifs dans les économies d’énergie, le logement et la rénovation thermique, les énergies renouvelables, et les mobilités propres par un engagement financier de 500 milliards d’euros par an, dégagé́ grâce à la mobilisation des banques centrales. Nous interdirons aux banques d’investir dans les projets d’énergies fossiles et intègrerons les objectifs climatiques de l’accord de Paris dans le mandat de la Banque centrale européenne. »

« L’énergie la moins polluante est celle qui n’est pas consommée, ainsi l’efficacité et la sobriété énergétique sont un enjeu premier. Les gisements d’économie d’énergie sont importants : relocalisation de l’économie pour éviter les coûts de transport, développement du transport collectif, la rénovation des bâtiments. Il est possible d’arriver à une baisse de 65 % de la consommation d’ici 2050 sans perte de service ou de qualité. Pour atteindre ces objectifs ambitieux, les travaux devront être pris en charge par la puissance publique et l’Europe doit prendre sa part dans ces investissements, notamment pour l’isolation thermique des bâtiments. Des formes de mobilités plus douces doivent être encouragées et les services publics de transports collectifs ne doivent pas être mis en concurrence afin d’apporter des solutions à tous les citoyens. »

« Les mesures d’efficacité énergétique sont un des leviers les plus importants de la transition énergétique, car ils permettent de diminuer fortement notre consommation d’énergie, d’éviter des pics de consommation qui nécessitent d’utiliser des centrales thermiques d’appoint très polluantes, et surtout réduisent le nombre d’Européens en situation de précarité énergétique. Les bâtiments résidentiels et tertiaires représentent 45% de la consommation du pays en énergie. C’est pourquoi notre plan d’investissement de 1 000 milliards d’euros sera en grande partie orienté vers la rénovation des bâtiments et l’isolation thermique. Par ailleurs, nous pourrions généraliser le système des étiquettes énergétiques mis en place sur les équipements au niveau de l’UE aux bâtiments, ou établir une liste de matériels à haute-performance énergétique. L’innovation jouera également une part importante dans la transition énergétique du bâti, notamment par rapport à la gestion des consommations (proptech, climatisation intelligente, éclairage bas énergie, bâtiment à énergie positive…). Il sera donc essentiel de financer les projets de recherches ainsi que les entreprises prometteuses. Enfin, nous pourrions définir une liste de gestes d’efficacité énergétique à 1 euro, à l’instar de l’isolation des combles ou du remplacement de chaudière actuellement en vigueur en France, afin de les généraliser au niveau européen. »

« Un texte a été adopté au Parlement européen en novembre dernier, fixant un objectif d’amélioration de 32,5% de l’efficacité énergétique à l’horizon 2030. Nous l’avons voté et comme pour les énergies renouvelables, la priorité nous semble être de mettre en œuvre ce paquet législatif le plus efficacement et le plus largement possible plutôt que de proposer de nouvelles mesures. De plus, ce texte prévoit que chaque Etat membre doit présenter un plan national intégré en matière d’énergie et de climat d’ici la fin de l’année 2019, ajusté tous les 10 ans. C’est donc désormais aux Etats membres qu’il appartient de définir les mesures qu’ils souhaitent prendre, tandis que le rôle du Parlement sera de suivre et contrôler la bonne mise en œuvre et l’articulation des différents plans nationaux.

En France, les principaux obstacles à l’amélioration de l’efficacité énergétique sont connus : la mobilisation du financement par des ménages qui subissent pourtant une pression fiscale toujours plus forte, l’absence d’incitations réelles à réaliser les investissements alors que dans la plupart des cas l’occupant (qui doit payer les factures d’énergie) n’est pas le propriétaire du logement, et les biais de l’actuelle réglementation thermique des bâtiments qui tend à favoriser les solutions thermiques dans la construction neuve. Cela, c’est concret, et nous devons agir sur ces leviers.

Face à ces obstacles les solutions sont connues également : le développement du tiers-financement, qui bénéficie d’un fort soutien de la Banque européenne d’investissement, l’exonération fiscale des travaux de rénovation énergétique, l’encadrement des logements mis sur le marché locatif, etc.

La liste En Marche, reprenant les propositions incantatoires du président de la République, défend l’instauration d’une Banque européenne du climat. Leur ligne, c’est la suivante : un problème ? une agence ou une banque européenne ! Soyons réalistes : nous avons des leviers clairs d’action, avec des organes qui fonctionnent déjà. Le Plan européen pour le climat que nous mettons sur la table pourra rapidement s’appuyer sur des nouveaux mécanismes de financement – dont des prêts à taux zéro destinés aux Etats, aux collectivités, aux entreprises et même aux ménages – de la Banque européenne d’investissement. »

« Aucune s’il s’agit d’imposer aux travailleurs, aux retraités et à la population en générale de se serrer davantage encore la ceinture. La solution n’est pas de produire moins ou plus, elle réside dans le fait de satisfaire les besoins de l’humanité, ce dont les capitalistes sont de plus en plus incapables. Même se déplacer en voiture, se chauffer est redevenu un luxe pour des millions de personnes. Et il faudrait leur parler de sobriété et d’efficacité énergétique !

Il faut en revanche imposer, sous le contrôle des travailleurs des sociétés concernés comme des associations et des riverains, des mesures contraignantes en termes de sécurité des installations et de normes anti-pollution. Les lois et les normes ne suffiront pas en effet à changer profondément les mécanismes d’une économie dont le profit maximal et à court terme est le seul moteur. Un moteur en définitive qui est le plus polluant qui existe, car il corrompt toutes les activités humaines.

En prenant sur les profits des grandes industries et des banques comme dans la fortune accumulée de leurs actionnaires, il sera possible d’imposer une certaine « sobriété » à toute une classe. Et ce serait la seule mesure de salubrité publique véritablement efficace. »

« Le Parti animaliste est un parti monothématique qui ne se positionne donc que sur la question animale et les thématiques qui s’y rapportent.
Le Parti animaliste se positionne plutôt en premier lieu en faveur d’une diminution de la consommation d’énergie. Pour cela, la réduction de la part de l’élevage, grand consommateur et gaspilleur d’énergie, fait partie des mesures qu’il soutient. »

« La rénovation thermique est une nécessité, notamment dans l’habitat ancien. Le rythme des rénovations urbaines est insuffisant, souvent en raison des difficultés financières rencontrées par les propriétaires et les bailleurs. C’est d’autant plus nécessaire que la précarité énergétique ne cesse de croître, en Europe et en France.

Ces orientations comme la maîtrise des coûts pour les consommateurs·trices domestiques et industriels impliquent la mise en œuvre de politiques publiques volontaristes et efficaces, faites d’investissements, de recherche, de formation, de création de filières professionnelles.

Nous proposons la rénovation thermique de 1 million de logements pour la France.

Nous proposons de faire baisser la consommation en hydrocarbures en favorisant les circuits courts, par l’introduction d’une clause de proximité dans les marchés publics et la montée en puissance du ferroutage. »

« C’est à nos yeux la priorité absolue, à commencer par l’éradication des passoires thermiques et de la précarité énergétique.

Nous proposons un effort, comparable à un effort de guerre, pour financer la décroissance énergétique, en sortant les investissements publics nécessaires de la règle des 3% de déficit (proposition n°21). Il s’agit de financer un effort massif de travaux d’efficacité et de sobriété énergétique dans l’habitat, mais aussi tous les types de bâtiments. Dans ce cadre, nous souhaitons promouvoir notamment la reconnaissance des matériaux biosourcés.

Nous préconisons également un changement de nature « culturel » dans le rapport à la consommation d’énergie, avec la mise en place du « couvre-feu » énergétique : interdiction des panneaux publicitaires lumineux, extinction des bureaux, des vitrines et interdiction du chauffage des bâtiments vides la nuit (proposition n°10). »

Les Amis de la Terre sont pour une régionalisation énergétique : organiser l’autonomie énergétique locale et garantir des services aux personnes est indispensable pour sortir de la logique productiviste et centralisatrice. Adopter une politique écologique de l’énergie tout en assurant des conditions de vie dignes à tous oblige à revoir de fond en comble l’organisation sociale en appliquant en plein les principes de sobriété, d’efficacité et d’utilisation maximale des renouvelables, c’est-à-dire ce que refuse une organisation fondamentalement conçue pour susciter la hausse de la demande. Il faudra pour cela doter les institutions nationales et européennes de réels outils de planification de la décroissance énergétique au lieu de s’en remettre uniquement au marché, qui ne cesse de démontrer son incapacité à anticiper et à organiser les décisions en fonction de l’intérêt collectif. Cette planification devra répartir les efforts entre l’agriculture, l’industrie, les transports, le tertiaire et la consommation des ménages (seuls bénéficiaires des obligations de service public) qui représente un tiers de la consommation énergétique finale française.

La refonte du système énergétique doit respecter deux contraintes majeures. D’une part l’énergie voyage mal hormis sous ses formes fossiles (pétrole, charbon, gaz et uranium) qui sont précisément celles auxquelles il faut restreindre le recours. Par ailleurs, les énergies à utiliser dépendent largement des potentialités locales et les rendements varient énormément selon les usages. Il conviendra d’opter ici pour le bois, là pour la géothermie, là-bas pour le solaire thermique, etc. Il faut donc relocaliser le plus possible et mixer les productions.

D’autre part, afin d’éviter les pertes en ligne et de rendement, l’électricité doit être réservée à ses usages les plus spécifiques : télécommunications, électroménager, éclairage. Les autres formes d’énergie, renouvelable, doivent être utilisées sobrement et affectés aux usages prioritaires (cuisine, eau chaude sanitaire, chauffage).

Source : https://www.amisdelaterre.org/Pour-une-regionalisation-energetique.html

d) Soutiendrez-vous des mesures visant à limiter l’impact socio-environnemental et climatique des carburants importés et consommés dans l’Union européenne (sables bitumeux, GNL, agrocarburants tels que l’huile de palme…) ? Si oui, lesquelles ?

« Oui. Une taxe à l’importation (dissuasive?) serait bienvenue. »

« Oui, nous soutiendrons toutes les mesures susceptibles de réduire l’impact socio-environnemental et climatique de ces carburants.

D’abord indirectement, en sortant des énergies fossiles et en réduisant notre dépendance aux carburants (dont l’arrêt de l’exploitation des sables bitumeux et des carburants qui en sont issus et le GNL).

Ensuite directement en limitant la production d’agro-carburants et en prônant une agriculture dédiée exclusivement à l’alimentation et en interdisant l’utilisation d’huile de palme, responsable de déforestations massives, comme carburant, comme nous l’avions demandé au Parlement européen.

La mise en place d’un protectionnisme vert aux frontières visera justement à rendre le prix de carburants fossiles ou d’origine renouvelable mais ayant très largement contribué à dégrader l’environnement global (comme l’huile de palme) prohibitif, et de conduire à réduire progressivement puis éradiquer leur utilisation, au bénéfice d’alternatives plus durables.

Nous devons nous engager résolument dans une économie zéro carbone : l’Union européenne et ses États membres mettront fin à tous les soutiens, directs et indirects, publics et privés, vers les énergies fossiles. Nous supprimerons les accords de libre-échange qui ruinent les territoires, du CETA au MERCOSUR en passant par le JEFTA. »

« Nous visons un changement profond du modèle économique actuel, non compatible avec la transition écologique. Les normes et règlements qui s’imposeront aux pays européens devront évidemment également s’appliquer aux importations. Pour chaque négociation d’accord commercial, nous défendrons des normes plus élevées en matière de protection de l’environnement, des droits humains, de santé publique, de droits du travail, de services publics, du bien-être animal et de droits des consommateurs.
Voici quelques extraits de notre programme du printemps européen :
Arrêtons les traités de libre-échange, arrêtons tous les TAFTA. Des normes écologiques et sociales aux frontières de l’Union pour les échanges commerciaux
L’Union européenne doit protéger ses industries stratégiques si elle veut réussir sa transition écologique. Les traités commerciaux actuels sont un non-sens fiscal, social et environnemental. Au contraire, il faut retrouver une souveraineté démocratique sur les secteurs stratégiques tels que la sécurité des données personnelles et le climat.
Nous refuserons que les produits importés en Europe favorisent le dumping social et détruisent l’environnement au nom du
moindre coût. Nous mettrons en place les mesures financières correctrices : ajustement carbone aux frontières et clauses sociales
protectrices. Par principe, tout accord engageant des reculs dans des domaines clefs tels que l’agriculture, l’environnement, la
santé, les métaux de base et les données numériques sera rejeté. Les funestes « tribunaux d’arbitrage », justice d’exception conçue pour les multinationales, doivent être purement et simplement interdits.
Refusons la prospection et l’exploitation du gaz de schiste et du pétrole de schiste en Europe
L’extraction de gaz et de pétrole de schiste et de houille altère durablement la qualité de nos sols. C’est pourquoi nous nous opposons à l’exploration comme à l’exploitation du gaz de schiste et du pétrole de schiste en Europe. »

« Nous soutenons des mesures qui iront dans le sens de la fin de l’utilisation des carburants polluants, aussi bien par leur consommation que par leur extraction. Il faut immédiatemment cesser tout dispositif d’aides aux énergies fossiles, direct ou indirect. Notre fiscalité carbone et sur le kérosène doit être revisée. Il faut interdire l’exploitation du gaz de schiste et du pétrole de schiste et de houille. Les accords de libre-échange sont un vecteur pour l’importation de ces carburants, et doivent à ce titre être combattus. »

« Trois mesures de notre programme répondent à cet objectif. Tout d’abord, nous interdirons l’accès au marché unique aux entreprises qui ne respectent pas nos exigences sociales et environnementales. Une entreprise énergétique pourra perdre son accès au marché européen si elle a eu recours au travail forcé, au travail des enfants, si elle s’est rendue coupable de déforestation illégale ou de pratiques particulièrement néfastes pour l’environnement. Deuxièmement, nous mettrons fin avant 2030 à l’importation de produits non durables contribuant à la déforestation, y compris dans le domaine des carburants (huile de palme par exemple). Enfin, nous voulons faire de l’Europe le moteur d’un accord sur la protection de la biodiversité terrestre et marine en 2020 : il sera le pendant de l’Accord de Paris sur le climat et aura bien évidemment des répercussions sur le secteur des carburants. »

« Nous soutiendrons toute mesure visant à limiter ces importations, en privilégiant toutefois des solutions concertées afin d’éviter de déclencher des guerres commerciales avec les pays exportateurs. Notre priorité : ce sont les acteurs économiques européens. Prenons un exemple concret : l’agriculture. Nous avons porté au Parlement européen, au cours du précédent mandat, des initiatives pour promouvoir la bio-économie. Nous continuerons à le faire parce que notre responsabilité, c’est d’offrir à nos agriculteurs des opportunités économiques, et les débouchés de la bio-économie sont nombreux.

 Agir avec pragmatisme, c’est notamment vrai pour l’importation d’huile de palme : nous y sommes d’autant plus opposés que, au-delà de leur impact environnemental conséquent, ces importations constituent une concurrence déloyale pour les producteurs français de colza, comme l’a souvent rappelé notre président de groupe à l’Assemblée nationale, Christian Jacob.

C’est pour cela que l’Europe doit être présente pour accompagner le développement de la production locale dans un contexte aussi où les biocarburants rencontrent de plus en plus de succès notamment grâce à leur prix compétitif. C’est une opportunité à saisir. »

« Je suis bien sûr favorable à des mesures visant à limiter l’impact socio-environnemental et climatique des carburants, comme à toute mesure contraignante sur les industriels pour mettre au point des techniques ou des motorisations moins polluante. Mais il n’est qu’à voir les révélations du « diesel gate », du moins ce que les industriels et les médias ont bien voulu dévoiler, pour se rendre compte du peu de confiance que l’on peut faire aux industriels. Sur ce point également, le contrôle et la transparence devront être imposés !

Pourquoi en revanche ajouter l’adjectif « importés » ? Je ne défends en effet pas davantage les agrocarburants français ou issus de l’agriculture de l’Union européenne qui sont tout autant un non-sens énergétique, écologique et humain. Pourquoi subventionner ici des grandes exploitations agricoles consacrant leurs terres à nourrir… des réservoirs plutôt que l’humanité ? Pour que les pétroliers nous expliquent que leur pétrole est « vert » ? Pour enrichir davantage les plus grands exploitants de France ou d’Europe ?

Il n’y a malheureusement à ce jour aucune source d’énergie qui satisfasse pleinement les préoccupations à la fois de rendement, de sûreté pour les producteurs comme pour les utilisateurs et en terme de respect de l’environnement. Mais bien des choix qui s’offrent à nous aujourd’hui sont en réalité biaisés par le fonctionnement même de cette économie capitaliste et l’état de la recherche qu’elle détermine dans une grande mesure. »

« Nous soutiendrons toutes les mesures visant à réduire l’impact néfaste sur les animaux et les humains dû à l’extraction, l’importation, la consommation mais aussi la fabrication des carburants. »

« Oui. C’est le sens des amendements portés par les députés qui soutiennent Urgence Ecologie à l’Assemblée nationale lors des débats sur la loi sur les hydrocarbures.

Nous dénonçons l’importation de gaz de schiste américain en France et en Europe. Nos députés ont interpellé EDF sur les accords avec les compagnies américaines d’importation de GNL. Nous dénonçons également la complicité française dans l’exploitation des sables bitumineux et du gaz de schiste, par les biais des investissements de Total en Alberta et en Patagonie. Là encore, il en va d’un principe de cohérence : ni ici, ni ailleurs.

Nous militons pour une vraie directive « qualité des carburants » permettant de bloquer ces importations sur la base d’un critère d’intensité en gaz à effet de serre du cycle de vie par matière première et d’une obligation de reporting. L’Europe ne doit plus céder aux pressions des compagnies pétrolières, des Etats-Unis et du Canada.

L’Europe doit également interdire la fabrication d’agrocarburants à partir de produits importés, notamment l’huile de palme. Là aussi nos députés ont déposé pour ce qui concerne la France des amendements à l’Assemblée nationale que nous porterons au niveau européen. De façon plus générale, la directive sur les agrocarburants doit être révisée au regard des graves effets pervers sur le changement d’affectation des sols.

Nos députés européens exerceront un devoir de vigilance pour détecter en amont des accords internationaux de l’UE toute mesure contraire au respect des limites planétaires, à la protection du climat et des forêts, et les combattre en lien avec les ONG (proposition n°71).

Nous oeuvrerons pour une altermondialisation écologique et solidaire et proposerons une directive européenne sur le devoir de vigilance des multinationales (proposition n°32). »

Pour lutter contre le changement climatique, il est indispensable de prendre des mesures pour décourager l’importation et la consommation des hydrocarbures les plus polluants. En effet, l’impact environnemental et climatique des différents hydrocarbures varie fortement en fonction du type d’hydrocarbure et des méthodes d’extraction et transformations utilisées. Ainsi, les hydrocarbures non conventionnels (principalement les sables bitumineux, gaz et huiles de schiste, gaz et pétroles de réservoirs compacts, gaz de couche), ainsi que les hydrocarbures liquéfies tels que le GNL ont un impact climatique et environnemental bien plus élevé.

Or ces hydrocarbures à l’impact climatique plus élevé sont en train d’arriver sur le territoire français, soit au travers d’autres pays européens, soit directement en France au travers des terminaux méthaniers de Montoir et Dunkerque. C’est notamment le cas du gaz de schiste américain, dont les importations directement en France ont commencé à l’automne 2018 selon les données rendues publiques par l’agence états-unienne d’information sur l’énergie. Engie et EDF ont notamment des contrats avec Chenière, entreprise d’exportation du gaz de schiste américain.

Il y a quelques années, concernant les sables bitumineux, l‘Union européenne avait finalement cédé face aux lobbies pétroliers et aux pressions du gouvernement canadien. Les Amis de la Terre s’étaient fortement mobilisés avec leurs partenaires européens et canadiens, en soutien aux communautés autochtones affectées.

Les Amis de la Terre indiquent que depuis une dizaine d’années, la consommation d’huile de palme dans les carburants a explosé. En France, 75% de l’huile de palme consommée l’est sous forme de carburant. Au terme de plusieurs mois de débats, en juin 2018, le Parlement, les Etats membres et la Commission européenne s’étaient accordés sur un texte de compromis visant à plafonner puis éliminer les agrocarburants contribuant le plus fortement à la déforestation. Dans le viseur, l’huile de palme mais aussi l’huile de soja.

L’acte délégué que propose aujourd’hui la Commission ne permet pas de mettre un terme à l’importation de ces huiles dans les carburants, comme l’analyse Sylvain Angerand, président de Canopée et porte-parole de la fédération des Amis de la Terre France : “En permettant l’importation d’huile de palme cultivée sur des terres dégradées ou dans des petites plantations, la Commission fait abstraction des effets indirects sur les forêts provoqués par l’augmentation des surfaces de palmiers à huile : une fois de plus l’Europe se donne bonne conscience avec des critères de certification inefficaces sans remettre en cause le fait qu’il est impossible de répondre à une hausse de la demande énergétique et alimentaire sans déforestation”.

Les Amis de la Terre France dénoncent également une nouvelle fois l’attitude du gouvernement français qui a pris position en faveur de cette échappatoire pour éviter de remettre en cause l’importation d’huile de palme dans les carburants et protéger les intérêts économiques de Total et de sa “bioraffinerie” de La Mède.

Source : https://www.amisdelaterre.org/Huile-de-palme-dans-les-carburants-la-Commission-europeenne-trahit-son-mandat.html ; https://www.amisdelaterre.org/Le-Parlement-europeen-approuve-de.html ; https://www.amisdelaterre.org/Sables-bitumineux-une-nouvelle-reglementation-menacee-par-les-lobbies.html