Vision globale

Quelles sont vos propositions pour que l’Union Européenne incite les États-membres à réduire efficacement leurs impacts socio-environnementaux et climatiques (pollution de l’air, l’eau et les sols, érosion de la biodiversité, impacts des industries et de notre consommation sur les populations etc…), en Europe comme dans le reste du monde ?

« Notre programme est basé sur le développement durable. Donc il est nécessaire que tous les échelons administratifs et politiques s’engagent dans cette voie, y compris l’Union européenne.Le détail des mesures n’est pas facile à indiquer a priori. L’important est d’avoir un débat à l’échelle de l’Union européenne, pour que tous les pays puissent profiter des expériences réussies des autres, et aussi pour que les directives venant de l’Union européenne soient acceptées par toutes les populations.
Pour avoir un débat à l’échelle de l’UE, il est nécessaire d’avoir une langue commune. Puisque l’Union européenne est censée être une structure démocratique et respectueuse des Droits humains, il faut une langue commune équitable, c’est à dire l’espéranto. »

« Face à un capitalisme prédateur des ressources naturelles, il est temps de poser des limites et de renverser les priorités. Nous voulons donner aux questions environnementales une force normative qui détermine toute l’action politique et les choix de l’UE. Voilà pourquoi nous défendons l’idée d’un traité environnemental qui coifferait tous les autres traités existants et aurait force de loi commune. Pour changer les règles du jeu face aux industries polluantes et leurs lobbies, la question environnementale doit être prioritaire.

A cet égard, nous ne devons pas seulement instituer des règles mais également une justice environnementale indépendante en mesure de les faire respecter : un parquet européen autonome, capable de lutter contre les écocrimes et les écocides, et la reconnaissance de droits à la nature : montagnes, fleuves, mers, océans, littoraux, plaines et forêts... Pour mieux les protéger, les communs environnementaux prendront part au débat politique européen à travers une Chambre du vivant et du temps long.

Notre plan d’action pour sauver le climat (consultable ici : https://www.pourleclimat.eu/s/Plan-daction-des-ecologistes-Europeenne-2019.pdf ) propose un scénario pour sortir en 5 ans l’Europe du cercle vicieux climaticide. Quelques mesures  :

  • Nous devons garantir une Europe de la sobriété, une Europe saine et sans produits toxiques. C’est pourquoi nous voulons mettre en œuvre un principe de sobriété d’exposition aux produits toxiques : pesticides, perturbateurs endocriniens, diesel, nucléaire, métaux lourds ou déchets dangereux… l’Europe est polluée, et contribue à polluer le monde en envoyant ses déchets toxiques hors frontières. Nos sols, nos eaux, notre alimentation, notre air sont pollués, alors même que nous pouvons garantir une Europe saine pour chacun.e. Nous voulons limiter l’exposition des personnes aux toxiques tout au long de la vie. La seule réglementation produit par produit n’est donc pas suffisante pour réguler l’exposition. Nous voulons interdire les substances et techniques dangereuses mais également leur importation, ainsi que tout soutien financier pouvant leur être apporté par les organismes publics européens.
  • Nous devons subordonner les critères économiques aux critères environnementaux : dorénavant, ce seront les États qui ne diminuent pas leurs budgets carbone ni leur empreinte écologique qui pourront faire l’objet de poursuites par la Commission européenne. Pour y parvenir, nous devons sortir les dépenses d’investissement écologique de la règle de calcul des déficits. Nous remplacerons les indicateurs de richesse par des indicateurs du bien-vivre.

L’Europe doit véritablement s’engager dans la lutte contre le réchauffement climatique, dont nous voyons déjà les conséquences à travers le monde, et réduire ses émissions de 60% d’ici 2040, avec un pic d’émissions dès 2020, dans une grande accélération des politiques actuelles. Pour lutter efficacement contre le réchauffement climatique et la perte du vivant, pour sortir définitivement du nucléaire et du charbon entre 2030 et 2050, nous avons besoin d’argent. Nous proposons de relever le budget de l’Union européenne à 5% de son PIB et d’en consacrer au moins 50% au climat. Avec la Banque européenne du climat et de biodiversité, nous lancerons un plan d’investissement massif pour le climat de 100 milliards d’euros par an pour la sobriété, l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables et la mobilité durable.

L’Europe est également le premier marché mondial en valeurs. Elle doit utiliser cette importance stratégique pour devenir prescriptrice à l’échelle mondiale et impulser des mesures respectueuses de l’environnement :

  • Nous devons nous engager résolument dans une économie zéro carbone : l’Union européenne et ses Etats membres mettront fin à tous les soutiens, directs et indirects, publics et privés, vers les énergies fossiles. Nous supprimerons les accords de libre-échange qui ruinent les territoires, du CETA au MERCOSOUR en passant par le JEFTA.
  • Enfin, nous ne cèderons plus aux sirènes du libre-échange, qui permet de délocaliser emplois et pollutions d’un même mouvement. Nous devons mettre en place un protectionnisme vert, avec une taxe socio-environnementale aux frontières qui permettra de tenir compte du vrai coût des produits tout en progressant vers une TVA à 0% sur le territoire européen pour les biens de première nécessité. Les accords extérieurs répondront à ces critères. Des sanctions contraignantes empêcheront les entités qui en ont le pouvoir d’utiliser leurs moyens financiers pour se soustraire à cette transition.

Ensemble, nous pouvons faire de l’Europe la patrie des droits du vivant, un espace où les citoyen.ne.s sont sûr.e.s de pouvoir vivre sainement, et qui profite de son poids dans l’économie globale pour engager l’ensemble de la planète vers le respect des critères environnementaux.« 

« Notre programme prévoit de nombreuses mesures qui cherchent à réduire l’impact social et climatique de l’Europe :
– sur le plan juridique : interdictions des pratiques polluantes et des produits les plus nocifs, mais aussi le renforcement des droits de l’environnement pour faciliter le travail des ONG,
– sur le plan fiscal : taxation aux frontières de l’Europe et sur le plan économique, notamment l’investissement massif pour changer notre modèle économique et productif,
– sur le économique : investissement massif dans l’économie d’énergie, les énergies renouvelables, les transports non polluants.
Voici quelques extraits de notre programme :
LIBÉRONS LES PEUPLES DES POLLUEURS POUR UN DROIT À SE NOURRIR SAINEMENT, À RESPIRER UN AIR PUR, À PRÉSERVER DURABLEMENT NOS RESSOURCES.
Donnons l’argent européen au climat, pas aux banques. 500 milliards par an pour le Green New Deal. Nous nous engageons pour une Europe zéro carbone en 2050 libérée des énergies fossiles et nucléaires. Par sa taille, l’Europe en a les moyens. Par sa taille, elle en a la capacité. Ces engagements seront tenus sur le sol européen sans recourir aux artifices du marché carbone. Nous financerons les investissements massifs dans les économies d’énergie, le logement et la rénovation thermique, les énergies renouvelables, et les mobilités propres par un engagement financier de 500 milliards d’euros par an, dégagé grâce à la mobilisation des banques centrales. Cet investissement est à la hauteur de l’enjeu historique qu’est la construction d’un nouveau modèle de société et la lutte contre le changement climatique et les inégalités. Il permettra de
créer des centaines de milliers d’emplois durables et non-délocalisables. Nous interdirons aux banques d’investir dans les projets d’énergies fossiles et intégrerons les objectifs climatiques de l’accord de Paris dans le mandat de la Banque centrale européenne.
Décidons d’un plan d’urgence absolue pour sauvegarder la biodiversité et le bien-être animal et créons une Cour Européenne de l’Environnement. L’Europe doit punir avec une tolérance zéro les responsables de crimes contre la biodiversité et le vivant. Pour lui donner les moyens d’agir, nous travaillerons à faire reconnaître le crime d’écocide et créerons une cour européenne des droits de la nature pour garantir aux générations futures le droit à vivre dans un environnement pérenne. Nous continuerons à porter au Parlement européen le combat pour la reconnaissance de la
responsabilité des pollueurs, dans des scandales sanitaires et environnementaux tels que le chlordécone aux Antilles. La mobilisation de ces nouveaux outils permettra également de mener le combat sur les boues rouges dans le parc national des Calanques à Marseille, ou en Guyane contre le projet de la Montagne d’Or.
Refusons la prospection et l’exploitation du gaz de schiste et du pétrole de schiste en Europe. Aujourd’hui nous assistons à une dégradation généralisée des sols à l’échelle mondiale dont les conséquences sont partout dévastatrices.
L’extraction de gaz et de pétrole de schiste et de houille altère durablement la qualité de nos sols. Elle ne peut pas être la béquille pour pallier la hausse des prix du pétrole. C’est pourquoi nous nous opposons à l’exploration comme à l’exploitation du gaz de schiste et du pétrole de schiste en Europe. Nous porterons la première directive de protection des
sols.
Des normes écologiques et sociales aux frontières de l’Union pour les échanges commerciaux. Nous mettrons en place les mesures financières correctrices : ajustement carbone aux frontières et clauses sociales protectrices. Par principe, tout accord engageant des reculs dans des domaines clefs tels que l’agriculture, l’environnement, la santé, les métaux de base et les données numériques sera rejeté. »

« Si l’Union européenne est contraignante sur les règles budgétaires, elle l’est beaucoup moins sur les règles environnementales et pour les grandes entreprises qui polluent. L’urgence écologique ne doit pas être opposée à l’urgence sociale en Europe : la justice sociale va de pair avec une justice fiscale et écologique. La précarité énergétique et le déréglement climatique touchent les plus pauvres en premiers. La règle verte européenne est une priorité pour la France insoumise : il ne faut pas prélever plus que notre écosystème ne peut supporter, pour ne pas aggraver la situation environnementale. Les règles budgétaires imposées par les technocrates européens ne permettent pas le changement radical attendu par les citoyennes et citoyens pour la planète : en l’absence de projets publics d’ampleur, et face à la mainmise de grands pollueurs dans le secteur privé, la transition écologique est une chimère. L’Union européenne n’est pas le pivot qu’elle devrait être : il faut revoir à la hausse les objectifs de réduction des émissions de CO2 adoptés lors de la COP 21 pour atteindre l’objectif de neutralité carbone en 2050, au minimum, la part d’énergie renouvelable à 45% et améliorer l’efficacité énergetique de 40% en 2030 au niveau européen. Le marché carbone mis en place par l’Union européenne est une vaste supercherie et nous souhaitons le remplacer par une taxe carbone aux frontières, sans dérogation, qui favoriserait les productions en cycle court. Plus les produits viennent de loin, plus ils doivent être taxés.

Il est indispensable de supprimer les subventions directes et indirectes accordées aux énergies fossiles, qui s’élèvent à près de 112 milliards par an, et de proposer un plan européen de sortie des énergies carbonnées mais aussi du nucléaire pour aller vers une énergie renouvelable à 100% en 2050. L’énergie doit devenir et rester un bien commun, la privatisation des moyens de productions (tels que les barrages) et des services publics retardent d’autant les projets de transition écologique. Pour cela, il faut un plan d’investissements publics conséquent que nous proposons d’engager sans délai : la sortie des traités est indispensable pour pouvoir investir dans la transition écologique. Les taxes sur le kérosène et le carbone devront être révisées ou créées. Des indicateurs de développement humains doivent venir concurrencer le critère du PIB dans l’évaluation des politiques publiques pour une écologie populaire.

Les multinationales doivent respecter notre environnement et être contraintes à le faire. Nous soutenons la création d’un tribunal international de justice climatique contre les écocides, les crimes écologiques, pour juger États et multinationales. Jusqu’ici ce sont des lanceurs d’alerte qui ont souvent attirés notre attention sur les risques que faisaient courir la recherche effrénée de profits et nous devons continuer à les soutenir comme nous le faisons dans les parlements européen et français. Le travail d’enquête sur les atteintes à l’environnement doit aussi être facilité par l’abrogation de la directive « secret des affaires ».

La biodiversité est en danger sur tout le continent, c’est pourquoi l’Union européenne doit adopter un plan de sauvegarde urgent des espèces, insectes, forêts. La Commission européenne tarde également à prendre des mesures importantes contre l’utilisation des plastiques notamment à usage unique, nous demandons la révision de la directive sur ce sujet. L’Union européenne devrait progresser vers plus d’égalité entre les territoires mais la situation des territoires d’outre-mer est mal prise en compte, alors que les investissements sociaux et écologiques manquent cruellement. Nous proposons un plan plan de rattrapage social et environnemental, d’investissement public et de planification écologique dans ces territoires et dans les territoires en difficultés pour que la transition écologique permettrait à tous de mieux vivre. »

« La transition écologique doit devenir le pilier central de la stratégie de l’Union européenne et de ses États membres. Cette transition doit aussi être économique et solidaire :  créatrice de valeur sur nos territoires, elle peut fournir les emplois de demain, tout en accompagnant les plus défavorisées.

Ce sont au moins 1 000 milliards d’euros que nous devons mobiliser pour réussir la transition. Pour cela, nous redirigerons les financements publics d’activités polluantes vers des projets verts et créerons une banque du climat à même d’y investir massivement. Nous doublerons les dépenses européennes consacrées à l’environnement et rendrons le budget européen compatible à 100 % avec l’Accord de Paris. Pour forcer les Etats membres à suivre leurs objectifs environnementaux, nous compléterons le Pacte de Stabilité avec un Pacte de Soutenabilité pour ne laisser ni dette écologique, ni dette financière aux générations à venir. Et parce que l’effort ne peut venir des seuls acteurs publics, nous orienterons également une part de l’épargne vers les investissements verts.

Ces fonds serviront à suivre de nombreuses stratégies, en agissant dès maintenant pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 sans abandonner les populations les moins favorisées.

Tout d’abord, nous souhaitons déployer un plan Made in Europe 2024 pour soutenir l’industrie et la recherche, en particulier les batteries électriques, l’hydrogène, le biogaz, l’installation de bornes de recharge. Cela permettra en particulier de mettre fin la vente de voitures essence et diesel d’ici 2040. Les transports aériens et maritimes seront aussi également mis à contribution, avec notamment pour objectif la création d’une taxe visant l’aviation.

Nous fermerons toutes les centrales fonctionnant aux énergies fossiles d’ici une génération, avec en priorité les centrales à charbon, en misant d’une part sur les énergies renouvelables, et d’autre part sur le stockage d’énergie et la rénovation énergétique ; celle-ci permettant en plus de réduire le poids de la facture de chauffage pour les ménages les plus modestes.

Par la suite, la défense de la biodiversité et la lutte contre la pollution environnementale seront réaffirmées. Sur le modèle de l’Accord de Paris, nous souhaitons que l’UE porte un accord sur la protection de la biodiversité terrestre et marine pour 2020, en parallèle d’un élargissement de sa propre politique en la matière. Concernant les produits chimiques et alimentaires, nous rendrons plus transparents les contrôles tout en renforçant leur indépendance. Des politiques fortes viseront à court terme la réduction par deux des pesticides (2025), la fin des plastiques non recyclables (2025), et toute importation de produits non durables (par exemple contribuant à la déforestation – d’ici 2030).

L’agriculture portera aussi des engagements plus vertueux, sans diminution du budget de la PAC, avec une orientation des aides agricoles vers les modèles propres et respectueux du bien-être animal partout en Europe et le développement du bio. Nous veillerons également sur notre richesse maritime, en étendant par exemple de 4 à 30% la surface des zones marines protégées – en priorité dans les Outre-mer.

Pour finir, nous achèverons cette transition européenne par des mesures encadrant nos relations avec nos partenaires économiques. Nous refuserons de signer des accords de libre-échange avec les pays ne respectant pas l’Accord de Paris, nous ferons voter une Directive « Éthique des entreprises » qui interdira l’accès au marché européen à toute entreprise ne respectant pas les exigences sociales et environnementales fondamentales, et nous mettrons en place un taxe carbone sur les produits importés. »

« Beaucoup dans cette campagne voudraient nous faire croire que l’écologie est le pré-carré des Verts. La liste En Marche tente d’exister en parlant de l’urgence climatique comme la première des priorités… Nous sommes conscients de l’urgence d’agir concrètement. Il en va de la protection de l’environnement naturel du continent, qui est au cœur de cette civilisation européenne que nous voulons protéger et transmettre.

Le devoir de réalité impose le constat suivant : malgré de grands discours pour lutter contre le changement climatique, la France est à la traine des Etats européens en ce qui concerne la décarbonisation (la promotion des renouvelables) et de la modération de la consommation de l’énergie (l’efficacité énergétique).

C’est pourquoi dans notre projet, et nous avons été les premiers à le construire et le soumettre aux Français, nous portons une vision d’ensemble pour réconcilier écologie et économie. Nous proposons d’instaurer en Europe et pour l’Europe une Barrière écologique. Précisément, importer massivement des produits de l’autre bout de la planète n’a aucun sens : ni économique, ni écologique. En instaurant des droits de douanes anti-pollution, nous protégerons notre environnement et lutterons contre le dumping de produits étrangers qui ne respectent pas nos règles. Lorsque l’on sait que les importations de CO2 sont évaluées aux alentours de 2 milliards de tonnes par an, fixer un prix carbone pour les produits étrangers peut avoir un impact considérable.

Nous portons aussi, avec nos alliés des Centristes, des propositions pour qu’enfin, les efforts européens en matière de lutte contre le réchauffement climatique et de protection de la planète soit cohérents et portent leurs fruits. Nous proposons que l’Europe se dote d’un véritable Plan européen pour le climat, porté par un Haut-Commissaire dédié, qui mettrait en œuvre cette stratégie comprenant des initiatives pour le recyclage du plastique, le renforcement de l’économie circulaire, la protection de la biodiversité, les investissements pour la mobilité durable ou encore les politiques favorisant la bio-économie. « 

« D’une façon globale, mais n’est-ce pas la seule manière d’envisager les choses en réalité, notamment du point de vue environnemental qui ignore les frontières, les monnaies nationales et les langues, je ne fais aucune confiance aux dirigeants des différents États de l’Union européenne comme à ceux des institutions européennes pour « réduire efficacement », et surtout dans un sens favorable aux populations, leurs nuisances sur l’environnement. Ni en Europe, ni, a fortiori, « dans le reste du monde ».

Comment cette Europe, qui a été conçue dès l’origine comme un cadre permettant aux grands groupes d’étendre leur influence, leurs parts de marchés et leurs profits pourrait-elle être le levier d’une telle politique ?

Comment les dirigeants des grandes puissances de cette même Union européenne, c’est-à-dire en particulier ceux de la France, de l’Allemagne, et jusqu’au récent Brexit, du Royaume-Uni, complices des agissements de leurs multinationales en Europe comme sur tous les continents, mais aussi responsables des guerres qui les ensanglantent et de la barbarie qui se répand, pourraient devenir les garants d’une économie plus « responsable » ou « raisonnable » du point de vue environnemental ?

Je ne distingue en effet pas les deux aspects du problème. Pour la militante communiste révolutionnaire que je suis, en finir avec la destruction de l’environnement, les menaces sur la biodiversité comme celles liées au réchauffement climatique nécessite d’en finir avec le système capitaliste basé sur le profit, sur une production anarchique laissée aux bons vouloir des industriels et des financiers.

Dans cette campagne, je souhaite démontrer que même pour avoir le droit à un travail, à un salaire, à un logement ou une éducation décents, il faudra mener une lutte collective puissante dont l’objectif fondamental ne peut-être que l’expropriation du grand capital. Et ce, bien au-delà du cadre national. Cela vaut évidemment tout autant dans le domaine environnemental.

Je refuse par ailleurs de mettre sur le même plan la pollution liée aux activités industrielles et tous les dégâts faits par cette économie aux mains d’un grand capital irresponsable et les comportements individuels (mode de transport, consommation, etc.) très largement contraints par l’organisation même de la société et, surtout, par le niveau de vie et les conditions d’existence auxquels sont réduits des dizaines de millions de travailleurs, de chômeurs, de retraités, de petits artisans, paysans et commerçants, de handicapés sur le continent.

Il n’en demeure pas moins cependant que je ne m’opposerais pas si j’étais élue, ainsi que mes camarades, à des mesures qui pourraient limiter cette toute puissance des capitalistes et être des points d’appui pour la lutte plus générale à laquelle j’aspire. »

« D’un point de vue environnemental et climatique, le lien étroit avec la production alimentaire est depuis longtemps connu. A ce titre, nous proposons d’accompagner l’évolution des pratiques alimentaires :
● Établir un objectif européen de réduction de production et de consommation de produits d’origine animale de 40 % d’ici à 2030 et de 70 % d’ici à 2050 dans une perspective éthique, environnementale et sanitaire
● Mettre en place un menu alternatif quotidien végétalien dans la restauration collective des états membres (cantines scolaires et universitaires, restaurants des administrations publiques,
restaurations hospitalière et pénitentiaire, maison de retraite pour les établissements publics et privés)
● Indexer les taxes des produits alimentaires sur une empreinte environnementale prenant notamment en compte les émissions de gaz à effet de serre induits par l’élevage
● Appliquer à tous les États membres une TVA à taux réduit (5 %) pour les légumes, fruits, autres produits végétaux et les alternatives végétales
● Développer la recherche et la production de la « viande cultivée » et des alternatives à la viande « animale ».
● Renforcer les normes environnementales afin de réduire les impacts négatifs de l’agriculture sur les animaux sauvages et leur environnement »

« Notre liste donne priorité à la lutte contre le réchauffement climatique.

Pour cela nous voulons réduire les gaz à effet de serre (GES). Voici quelques propositions :

  • Réduction des GES liés aux transports.
  • Aller au doublement du ferroviaire fret et passagers en développant des grands travaux d’investissement européens (création d’emplois) avec comme objectif la réouverture de lignes, de trains de nuit, de nouvelles lignes et le passage au ferroutage hors desserte de proximité.
  • Gratuité des transports en commun (qui permet aussi une baisse de la voiture en ville et donc une amélioration de la qualité de l’air).
  • Réduction des GES liés au logement : rénovation thermique d’un million de logements.
  • « Produire local » pour les productions agricoles comme industrielles pour sortir du tout camion. Il faut prendre des mesures contre les délocalisations et inciter aux relocalisations.

L’eau devrait être mise hors marché et rentrer dans le domaine public. »

« Nous souhaitons inscrire le respect des limites planétaires dans les traités européens, entraînant la suppression de l’objectif de « croissance » et l’abandon du PIB comme indice de référence (proposition  n°19 de nos Fondations). Il s’agit de placer la préservation du climat et du vivant au cœur du projet européen, et au sommet de la hiérarchie des normes, et de s’attaquer aux causes du changement climatique et de l’effondrement du vivant.

Nos propositions visent des changements rapides, à la hauteur des conclusions des récents rapports du GIEC et de l’IPBES :

– Fin immédiate de toutes les subventions européennes aux projets destructeurs du climat et de la biodiversité. Conditionnement des prêts de la BCE aux banques à l’arrêt des financements directs ou indirects des énergies fossiles. STOP à tous les massacres de la biodiversité et des terres fertiles (Montagne d’or, GCO, Lyon-Turin, Europacity, Roybon…). Nous veillerons à une cohérence totale et transversale de toutes les politiques de l’Union. (proposition  n°1) ;

– Politique Agroécologique Commune 100% bio à partir de 2021: fin des aides publiques à l’agriculture industrielle chimique et conversion intégrale à l’agro-écologie en trois ans. (proposition n°2)

– Révision et mise en œuvre effective des engagements européens pour le climat sur la base du dernier rapport du GIEC. Changement du mode de calcul des émissions de gaz à effet de serre pour prendre en compte l’empreinte écologique réelle de la consommation européenne (importations comprises). (proposition n°20)

– Reconnaissance des droits de la nature et des animaux, ainsi que du crime d’écocide. Poursuites pénales contre les dirigeants des firmes responsables de crimes contre la nature et la santé humaine. Adoption d’un statut des biens communs naturels, pour l’air, l’eau, les forêts, les montagnes, les mers, la terre. (proposition n°3). Directive résilience pour un nouvel aménagement du territoire (proposition 34 de notre projet Fondations) et directive sur les droits des arbres prenant en compte les savoirs des forestiers, les découvertes sur la sensibilité du végétal et la protection du patrimoine arboré (proposition n°31)

– Proclamation de la séparation de l’Europe et des lobbys : mesures d’urgence démocratique de protection de l’intérêt général contre toute ingérence des intérêts privés et la corruption : exclusion des lobbys du Parlement et des institutions européennes, interdiction du pantouflage et des conflits d’intérêts (qui seront sanctionnés sur le plan pénal), interdiction du cumul d’activités pour les assistants parlementaires comme pour les députés, transparence intégrale sur les délibérations et votes de toutes les instances européennes, dont les comités techniques. (proposition n°4)

– Adoption immédiate des normes de l’Organisation mondiale de la santé contre la pollution de l’air, première cause de mortalité en Europe. (proposition n°5)

– Suppression des liaisons aériennes pour lesquelles il existe une alternative en transport en commun en moins de 5 heures. Baisse du prix du train, relance des trains de nuit et augmentation du prix des vols via une taxe immédiate sur le kérosène – ou via la taxe d’aéroport – pour les vols intracommunautaires. ( proposition n°7)

– Directive européenne sur le principe de non-régression du droit stoppant les remises en cause actuelles, notamment sur la participation du public aux décisions ayant un impact sur l’environnement. (proposition n°14)

– Un effort, comparable à un effort de guerre, pour financer la décroissance énergétique, la sortie des énergies fossiles et la régénération de la nature : sortie des investissements écologiques du calcul des déficits et de la règle des 3%. (proposition n°21)

– Instauration de quotas carbone personnels et équitables (modulés selon le territoire d’habitation et l’offre de transports en commun) dès 2022. (proposition n°22) »

La fondation de l’Union européenne fait partie des projets de paix les plus ambitieux de l’histoire moderne. La dignité humaine, le respect des droits humains, la liberté, la démocratie, l’égalité et l’État de droit forment son socle de valeurs.

L’UE a œuvré au maintien d’une paix durable entre ses membres. Elle est aussi à l’origine de l’assainissement des fleuves, de la protection contre la pollution chimique, du congé parental, d’une éducation de qualité et de la libre circulation au sein de l’espace Schengen.

Malgré l’important héritage et la mission ambitieuse de l’Union européenne, la crise financière, la lutte contre le changement climatique et la dégradation de l’environnement, les inégalités croissantes et le recul des droits des femmes, les scandales tels que celui de notre système alimentaire ou le Dieselgate, ou encore la hausse des flux migratoires (fermeture des frontières aux personnes en détresse), ont malheureusement vu se multiplier des actions à l’encontre du socle de valeurs de l’UE et qui ont annihilé certaines de nos avancées historiques.

Pour regagner la confiance des populations, le Parlement européen, la Commission européenne et les gouvernements des États membres doivent donner aux sujets suivants la priorité dans les débats à venir pour les élections européennes, la nouvelle Commission et le futur de l’Europe.

  1. METTRE L’EUROPE ENTRE LES MAINS DES PEUPLES – Il faut rendre prioritaires l’instauration d’une participation efficace de la société civile ainsi que la citoyenneté active pour améliorer la démocratie (y compris sur le lieu de travail), la transparence, l’accès de tout un chacun aux droits fondamentaux, et faire en sorte que les citoyens européens se sentent plus en confiance sur la construction d’une Europe juste et durable. Il faut faire le nécessaire pour que les institutions européennes et les gouvernements nationaux rendent mieux compte de leurs prises de décision et les rendent plus transparentes. Il faut faire passer les intérêts des citoyens et de la société civile avant les intérêts particuliers des acteurs de la finance et du commerce
  2. ÉGALITÉ ET DROITS HUMAINS – Les politiques publiques et les mesures législatives doivent permettre de garantir que, conformément au droit européen et international relatif aux droits de humains, tous les citoyens et résidents européens bénéficient du même niveau de protection et puissent exercer leurs droits et libertés fondamentaux, pour vivre selon leurs propres convictions, dans le respect des principes d’auto-détermination et de dignité humaine, et sans discrimination. L’UE doit améliorer ses politiques et ses actions pour garantir l’égalité des sexes, en plus de garantir que toute personne confrontée à des discriminations multiples ait les mêmes chances dans la société que n’importe qui d’autre.
  3. POUR UNE EUROPE SOCIALE FORTE – Le modèle social européen doit apporter une protection entière et équitable à tous les citoyens tout en faisant reculer la pauvreté et en fournissant à chacun les moyens de vivre correctement. Un niveau de revenu décent doit combler l’écart entre les plus aisés et les défavorisés, et garantir une existence de qualité. Chacun doit pouvoir bénéficier de normes de travail décent, de l’égalité, d’un plus haut niveau de bien-être et de disparités moindres face à la santé, au sein des pays et entre eux, et d’une génération à l’autre. L’inclusion et la protection sociales, un travail décent, l’égalité des sexes, la santé publique et les soins de santé, l’accès à un logement abordable et de qualité, la justice environnementale, une éducation de qualité et un accès équitable à la culture, tels sont les principes qui doivent présider aux programmes des États et à la politique de l’Europe.
  4. UNE ACTION CLIMATIQUE AMBITIEUSE – L’Accord de Paris doit être intégralement mis en œuvre et se traduire par la conformité de l’UE aux objectifs de réduction des émissions pour 2030 et 2050, avec l’engagement de limiter la hausse des températures à 1,5 °C, et par des politiques climatiques ambitieuses, comprenant l’élimination rapide de tous les combustibles fossiles et le passage de l’efficacité énergétique à la diminution drastique de la consommation d’énergie. L’UE doit accélérer la transition équitable et durable vers un approvisionnement en énergie exclusivement renouvelable, propre, abordable, compatible avec la propriété collective et qui n’engendre pas de pauvreté énergétique.
  5. GESTION RIGOUREUSE DES RESSOURCES NATURELLES – Des normes communes doivent être créées et imposées pour obtenir un air et une eau propres, une alimentation sûre et saine et pour protéger nos océans. Des mesures ambitieuses doivent être prises pour stopper la déforestation et la perte de biodiversité en Europe et dans le monde, et pour mettre fin à l’exploitation non durable des ressources naturelles, y compris dans l’hémisphère Sud. Des mesures doivent être prises pour ramener la consommation des Européens à des niveaux compatibles avec la capacité de production de la Terre, y compris par l’application de stratégies d’autosuffisance.
  6. DES SYSTEMES ALIMENTAIRES DURABLES ET SAINS – Il est impératif de réformer la politique agricole commune afin de produire des aliments plus sains et de rémunérer plus équitablement les petits agriculteurs et les producteurs de bio en Europe. Cela implique une plus grande protection de l’environnement et de la nature, une plus grande souveraineté alimentaire, l’instauration de marchés fermiers régionaux, des systèmes alimentaires plus sains, moins de déchets alimentaires et la fin du dumping dans les pays du Sud. L’UE doit donner la priorité à la transition vers une agriculture biologique, de petite échelle, et à la reforestation, pour lutter contre le changement climatique.
  7. IMPOSITION ÉQUITABLE – Des mesures d’imposition effectives et coordonnées doivent permettre de garantir que toutes les entreprises payent leur part d’impôts et contribuent ainsi aux budgets des États européens pour l’accès aux droits socio-économiques et à la prospérité. L’UE doit s’engager à lutter efficacement contre la fraude fiscale dans le monde et mettre un terme aux paradis fiscaux européens.
  8. UN PROGRAMME DE COMMERCE ÉQUITABLE – Le commerce international devrait être vu comme un système de distribution efficace des biens et des services, respectueux des objectifs sociaux et environnementaux. Les accords commerciaux doivent profiter aux populations, aux travailleurs et aux petits producteurs, et ne doivent pas être considérés comme des outils servant uniquement les intérêts des multinationales et des investisseurs. Ils doivent, par exemple, garantir un travail décent et une meilleure protection sociale. Les accords de commerce et d’investissement doivent être conçus principalement pour faire progresser le bien-être et les intérêts de la société plutôt que comme moyens de réduire les coûts et les charges des entreprises. Les privilèges accordés aux investisseurs et les tribunaux privés à la solde des entreprises doivent être abolis.
  9. LE RÔLE DE L’UE DANS LE MONDE – L’UE a une responsabilité fondamentale dans l’atteinte des objectifs de développement durable (ODD) de l’agenda 2030. L’UE doit s’assurer de la cohérence de toutes ses politiques intérieures et extérieures et de leur conformité à ces ODD. La politique d’aide au développement de l’UE doit s’adresser en premier aux plus défavorisés, dont font partie les pays les moins développés, et bénéficier aux plus marginalisés. L’UE doit restructurer ses investissements pour parvenir à la durabilité, à l’éradication de la pauvreté et faire de l’accès pour tous aux droits fondamentaux une réalité dans le monde. L’UE doit appuyer activement les obligations faites aux entreprises qui opèrent à l’étranger de respecter le droit européen et international en matière de droits humains, et doit notamment pousser l’ONU à élaborer un traité pour les droits des entreprises et des hommes.
  10. UNE GESTION DES MIGRANTS AXÉE SUR LES PEUPLES – L’Europe doit assumer un rôle prépondérant en apportant une réponse humaniste aux migrations mondiales, au profit et pour la protection de toutes les personnes concernées. Les demandeurs d’asile devraient être accueillis en Europe et traités comme le prévoient les Conventions de l’ONU sur les réfugiés.
  11. UNE RECHERCHE RESPONSABLE EN FONCTION DES BESOINS – Les investissements de l’UE doivent profiter au bien public et répondre aux défis sociétaux. Les recherches placées en priorité et financées aujourd’hui doivent avoir un impact décisif sur le futur de nos sociétés et de notre planète. Notre recherche doit assurer la durabilité environnementale, la paix et la santé au sein de ces espaces de vie que sont l’Europe et le monde. Il ne faut plus donner la préférence aux budgets militaires et aux priorités économiques. La recherche en Europe doit être démocratique, axée sur le profit de tous, localisée, et elle doit respecter les limites de notre monde, c’est-à-dire se distancer des modèles économiques de croissance effrénée, profitant à une minorité et abusant des ressources.
  12. UN BUDGET EUROPÉEN AXÉ SUR LES CITOYENS – Le budget européen doit exploiter son potentiel pour servir de catalyseur au développement durable, à la justice économique et au bien-être, en investissant dans les infrastructures sociales, l’éducation, la culture et les actions en faveur du climat. Cela implique l’élimination progressive des investissements et des subventions non durables, et le renforcement des mécanismes de responsabilité. En d’autres termes, le budget doit être conçu pour et avec les citoyens et la planète

Vous trouverez de nombreuses informations, articles et analyses sur le site des Amis de la Terre au sujet de la pollution de l’air, de l’eau, de la biodiversité, ou des impacts des industries et de notre consommation sur les populations ! 

Source : https://www.sdgwatcheurope.org/documents/2019/04/manifesto-for-a-sustainable-europe-for-its-citizens_fr.pdf/